Travailler en Roumanie quand on est français : guide complet 2026

Architecture du centre-ville de Bucarest, capitale de la Roumanie

La Roumanie attire de plus en plus de Français : un coût de la vie parmi les plus bas d’Europe, un marché du travail dynamique dans la tech et les centres de services, et surtout aucune formalité de permis pour les citoyens de l’Union européenne. Que vous visiez un poste dans l’IT à Cluj-Napoca, un emploi francophone dans un centre d’appels à Bucarest ou un projet d’installation à long terme, ce guide fait le point sur les démarches, les salaires et la fiscalité en 2026.

Démarches : enregistrement et CNP

Bonne nouvelle pour les Français : en tant que ressortissant de l’Union européenne, vous n’avez besoin d’aucun permis de travail. Vous pouvez être embauché directement par une entreprise roumaine, au même titre qu’un salarié local. Le contrat de travail écrit reste obligatoire, et la législation roumaine encadre le temps de travail (48 heures maximum par semaine, heures supplémentaires comprises).

Pour un séjour de plus de trois mois, vous devez demander un certificat d’enregistrement (certificat de înregistrare) auprès de l’Inspectorat général pour l’immigration (IGI). Cette démarche débouche sur l’attribution d’un CNP (cod numeric personal), le numéro d’identification personnel indispensable pour la fiscalité, la sécurité sociale, l’ouverture d’un compte bancaire et la plupart des abonnements du quotidien. Votre employeur se charge ensuite de déclarer votre contrat aux autorités, ce qui conditionne le versement des cotisations sociales et de l’impôt.

Si vous souhaitez comparer les niveaux de complexité administrative entre destinations, notre dossier sur les pays où s’expatrier facilement en 2026 situe la Roumanie parmi les options les plus accessibles pour un Européen.

Dans la pratique, prévoyez de réunir quelques documents avant le rendez-vous à l’IGI : passeport ou carte d’identité en cours de validité, justificatif de domicile en Roumanie (contrat de location ou attestation d’hébergement), preuve de votre activité (contrat de travail ou attestation d’embauche) et, selon les cas, une attestation d’assurance maladie. Une fois le certificat d’enregistrement obtenu, il n’a pas de date d’expiration au sens d’un visa : il atteste simplement de votre droit de séjour en tant que citoyen européen. Le CNP, lui, vous suit ensuite pour toutes vos démarches, de l’employeur à la banque.

Secteurs qui recrutent (IT, BPO francophone)

Travailler en Roumanie quand on est Français : guide complet 2026

Deux pôles concentrent l’essentiel de la demande tech : Bucarest et Cluj-Napoca. On y trouve un écosystème d’éditeurs de logiciels (SaaS, fintech, jeu vidéo) ainsi que de nombreux centres de développement et d’offshoring au service de l’Europe de l’Ouest. Les profils recherchés couvrent le développement, les données, le cloud et la cybersécurité.

Les centres de services partagés et les BPO (support client, back-office, finance, IT) recrutent activement des francophones. Support technique, customer care, ventes sédentaires ou comptabilité en environnement multilingue : ces postes sont souvent accessibles sans maîtrise du roumain, le français et l’anglais suffisant fréquemment.

L’industrie automobile et ses sous-traitants restent par ailleurs très présents, avec des besoins en production, logistique et ingénierie, et quelques centres de R&D. Pour un profil francophone orienté tech ou services, l’axe IT plus BPO francophone reste le plus porteur. Pour élargir la réflexion, consultez notre panorama des métiers qui recrutent à l’étranger en 2026.

Au-delà de la tech et des centres de services, plusieurs filières montent en puissance : la santé et les biotechnologies, l’énergie, la logistique liée au commerce en ligne, ainsi que les services financiers externalisés. Les grands groupes internationaux installés en Roumanie apprécient les profils capables de combiner une compétence métier et une langue de travail occidentale, ce qui place les francophones en bonne position pour les fonctions de relation client, de gestion de comptes ou de coordination de projet.

Salaires : minimum et moyennes

Depuis le 1er janvier 2026, le salaire minimum brut national s’établit autour de 4 050 RON par mois, soit environ 820 € sur la base d’un taux de change proche de 4,95 RON pour un euro. En net, un poste payé au minimum légal correspond à environ 2 600 à 2 700 RON, soit de l’ordre de 520 à 550 €.

Le salaire moyen national tourne autour de 9 200 à 9 500 RON brut (environ 1 800 à 1 900 €), pour un net voisin de 5 400 à 5 600 RON (environ 1 050 à 1 100 €). Ces moyennes masquent de fortes disparités régionales et sectorielles.

Concrètement, à Bucarest ou à Cluj, un francophone disposant de quelques années d’expérience dans l’IT ou dans un centre de services international peut viser nettement au-dessus de la moyenne, souvent 1,3 à 2 fois le salaire moyen, parfois davantage dans la tech. Pour replacer ces montants dans une grille plus large, notre page salaire d’expatrié propose des repères par pays.

À titre indicatif, un développeur confirmé à Bucarest ou Cluj se situe couramment bien au-dessus du salaire moyen national, tandis qu’un poste de support client francophone en BPO démarre plus près de la moyenne, avec des primes liées à la langue ou aux horaires décalés. Les écarts entre la capitale et les villes plus petites restent réels, mais le pouvoir d’achat local compense souvent une partie de la différence, le coût de la vie étant lui aussi plus faible en province.

Fiscalité (impôt à 10%)

Le système roumain repose sur un impôt forfaitaire de 10 % sur le revenu des personnes physiques (flat tax), appliqué au salaire imposable après déductions éventuelles. Le calcul est donc bien plus simple qu’en France, même si les cotisations sociales restent significatives, côté salarié comme côté employeur.

Le secteur IT bénéficie d’un avantage spécifique : une exonération d’impôt sur le revenu (taux ramené à 0 %) pour certains informaticiens, sous conditions de poste et de codification d’activité, dans la limite d’environ 10 000 RON (près de 2 000 €) de salaire brut mensuel par contrat. La part éventuelle au-delà de ce plafond reste imposée à 10 %, ce qui rend les rémunérations jusqu’à ce seuil particulièrement attractives pour les développeurs et ingénieurs data.

Votre situation fiscale dépend aussi de votre statut de résidence et de vos éventuels revenus en France. Avant tout départ, il est utile de clarifier les règles applicables : notre dossier sur la fiscalité du non-résident détaille les points de vigilance.

Trouver un emploi

Côté recherche, les principaux sites d’emploi roumains sont eJobs, BestJobs et Hipo, complétés par LinkedIn, très utilisé pour les postes tech et internationaux. Les cabinets de recrutement spécialisés et les pages carrières des grands centres de services constituent une autre porte d’entrée efficace, en particulier pour les profils francophones.

Les villes à cibler en priorité sont Bucarest, Cluj-Napoca, Iași, Timișoara et Brașov, qui concentrent les centres de services et les pôles tech. Dans le BPO et l’IT, l’anglais est la langue de travail et le français un véritable atout commercial ; le roumain n’est pas systématiquement exigé, même s’il facilite l’intégration au quotidien.

La candidature spontanée auprès des centres de services multilingues reste payante : beaucoup recrutent en continu. Pour structurer votre démarche, notre rubrique emploi expatrié rassemble nos conseils de candidature à l’international.

Coût de la vie

C’est l’un des grands atouts de la Roumanie. Un budget « minimaliste » pour une personne seule à Bucarest peut tourner autour de 680 € par mois, tandis qu’un train de vie plus confortable, logement compris, se situe plutôt entre 1 025 et 1 300 € à Bucarest comme à Cluj-Napoca. Le loyer médian d’un deux-pièces en centre de Bucarest avoisine 750 € par mois, avec des montants nettement plus bas en périphérie ou en colocation.

Au global, le coût de la vie reste bien inférieur à celui de la plupart des grandes villes d’Europe de l’Ouest, même si les centres-villes, notamment sur le logement, se rapprochent progressivement des standards européens. Pour explorer d’autres destinations, parcourez notre page guides pays.

Pour donner des repères concrets, un repas dans un restaurant correct se situe souvent entre 8 et 15 €, un abonnement de transport en commun mensuel reste très abordable, et les courses alimentaires pèsent nettement moins dans le budget qu’en France. Le poste qui grimpe le plus vite reste le logement dans les quartiers centraux et recherchés des grandes villes ; viser la périphérie ou la colocation permet de préserver un budget confortable, surtout en début d’installation.

FAQ

Faut-il un permis de travail pour travailler en Roumanie en tant que Français ?
Non. En tant que citoyen de l’Union européenne, vous n’avez besoin d’aucun permis de travail et pouvez être embauché directement par une entreprise roumaine.

Quel est le salaire minimum en Roumanie en 2026 ?
Le salaire minimum brut national s’élève à environ 4 050 RON par mois, soit près de 820 €, pour un net voisin de 520 à 550 €.

Quel est le taux d’imposition sur le revenu ?
La Roumanie applique une flat tax de 10 % sur le revenu des personnes physiques, avec une exonération possible pour certains postes du secteur IT, dans la limite d’environ 10 000 RON brut mensuel.

Le roumain est-il obligatoire pour travailler dans l’IT ou le BPO ?
Pas nécessairement. L’anglais est la langue de travail dans la tech et les centres de services, et le français constitue un atout recherché. Le roumain facilite surtout la vie quotidienne.

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