Électricien, plombier, soignant : les métiers qui attirent les jeunes Américains

Électricien, plombier, soignant

Entre la fin de 2022 et septembre 2025, l’emploi des Américains de 22 à 25 ans a reculé de 6 % dans les deux groupes de métiers les plus exposés à l’IA. Pour une partie des jeunes cols blancs, ce recul rend les métiers manuels plus attirants, car ils semblent offrir un travail moins facile à automatiser.

Le mouvement reste difficile à mesurer dans toute sa diversité. Mais la peur de voir disparaître les premières marches d’une carrière de bureau pousse déjà certains jeunes adultes à regarder vers l’électricité, la plomberie ou les soins.

À 25 ans, un travail de plusieurs jours réduit à presque rien

Luke St Amand travaillait chez Amazon sur l’analyse de 40 000 références d’une épicerie. Il consacrait plus de 80 heures par semaine à examiner la taille des produits, leurs ventes et les besoins de réassortiment.

Il expliquait qu’une analyse approfondie de six mois de stocks lui prenait plusieurs jours. L’IA pouvait produire le résultat presque instantanément. Vous comprenez alors la secousse : quand la tâche qui justifie un poste se raccourcit ainsi, le début de carrière paraît plus fragile.

Il a quitté l’entreprise fin 2023, puis a créé Lectec avec Jared, son ami d’enfance. Les deux associés publient une courte vidéo de vulgarisation scientifique par jour, un choix qui déplace leur travail vers la création et la transmission.

Les développeurs de 22 à 25 ans ont perdu environ 20 % depuis leur pic

Une étude publiée le 13 novembre 2025 par Stanford University et le NBER s’appuie sur des données mensuelles de paie. Elles vont de janvier 2021 à septembre 2025. Elle couvre entre 3,5 et 5 millions de travailleurs par mois dans des entreprises suivies pendant toute cette période.

Chez les développeurs de logiciels âgés de 22 à 25 ans, l’emploi de septembre 2025 se situait environ 20 % sous son pic de fin 2022. Pour vous qui entrez dans un métier de bureau, ce décalage avec les salariés plus âgés peut peser. Il peut peser sur le choix d’une formation ou d’une reconversion.

Dans les professions les plus exposées, les travailleurs plus âgés ont, eux, vu leur emploi progresser de 6 % à 9 % sur la même période. Après prise en compte des différences entre entreprises et périodes, la baisse relative atteint 16 % pour les 22 à 25 ans.

Les auteurs appellent pourtant à la prudence : d’autres facteurs peuvent influencer ces résultats. L’étude ne prouve pas à elle seule un lien de cause à effet définitif avec l’IA générative. Cette réserve compte, car un marché qui se resserre pour les débutants ne condamne pas automatiquement toute une profession.

Pourquoi les métiers manuels reprennent une place dans le calcul

Dans une enquête menée du 28 novembre au 8 décembre 2025 auprès de 3 020 personnes américaines de 16 ans et plus, 23 % disaient changer activement de voie ou prévoir de le faire à cause de l’IA. Le chiffre rassemble ceux qui ont déjà engagé leur changement et ceux qui l’envisagent bientôt.

L’écart entre générations est net. Parmi les 16-34 ans, 44 % avaient envisagé une réorientation liée à l’IA, contre 4 % des personnes de 55 ans ou plus.

Vous n’avez pas besoin d’attendre qu’un poste disparaisse pour vous poser la question. Les salariés avec moins de trois ans d’expérience sont 40 % à avoir changé ou envisagé de changer leurs projets. Ils sont 19 % chez les plus expérimentés.

Le manuel attire parce qu’il renvoie à une intervention concrète, sur un lieu et face à un problème réel. Cette image ne garantit ni un emploi ni un salaire, mais elle répond à une inquiétude très précise : garder prise sur son propre savoir-faire.

Électricien : une voie observée chez les plus jeunes

Ryder, 22 ans, est apprenti électricien à Eastwick College, dans le New Jersey. Son parcours illustre cette attirance pour des métiers où l’apprentissage passe aussi par une pratique encadrée.

Vous pouvez y voir une recherche de stabilité, mais il serait hasardeux d’y lire une règle pour tous les jeunes Américains. Les faits disponibles montrent une tentation, pas un basculement général déjà établi.

41 % des travailleurs de la construction partiront à la retraite d’ici 2031

Le National Center for Construction Education and Research estime que 41 % de la main-d’œuvre actuelle de la construction devrait partir à la retraite d’ici 2031. Ce départ annoncé rend la formation aux métiers du bâtiment plus visible. Les jeunes diplômés doutent de certains emplois de bureau.

La construction a ici un avantage clair : elle combine un besoin de relève et des tâches qui se réalisent sur le terrain. Mais vous devez distinguer l’intérêt pour un métier et les conditions concrètes pour y entrer. Une reconversion demande du temps et un apprentissage.

Changer de voie ne règle pas tout

La promesse de métiers « sans IA » peut séduire, mais elle simplifie une réalité plus large. Un électricien, un plombier ou un soignant reste exposé à des changements d’organisation, de formation et d’outils.

Le bon arbitrage consiste donc à regarder le travail lui-même : ce que vous aimez faire chaque jour, ce que vous acceptez d’apprendre. Regardez aussi la place que vous voulez garder dans votre parcours. La crainte de l’IA peut déclencher une décision.

Elle ne devrait pas la prendre à votre place.

Le mouvement américain raconte moins une fuite qu’un choix de terrain : beaucoup de jeunes cherchent un métier dont ils voient l’utilité, le geste et le résultat. Avant de changer de cap, gardez cette question devant vous : voulez-vous seulement éviter l’IA, ou exercer un travail qui vous tient vraiment ?

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