Le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) est un dispositif d’engagement encadré par l’État français, qui permet à toute personne de 18 à 65 ans de partir en mission de terrain auprès d’une organisation de solidarité internationale agréée. Régi par la loi n°2005-159 du 23 février 2005 et placé sous la tutelle du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), le VSI est un statut spécifique, distinct du salariat et du Volontariat International en Entreprise (V.I.E). Cette page détaille les conditions, les indemnités, les six principaux organismes habilités et les différences avec les autres dispositifs de mobilité.
VSI : qu’est-ce que c’est ?
Le Volontariat de Solidarité Internationale est un engagement contractuel à temps plein, défini par la loi n°2005-159 du 23 février 2005 relative au contrat de volontariat de solidarité internationale. Le dispositif s’inscrit dans la politique française d’aide publique au développement et de coopération solidaire.
Le contrat est signé entre la personne volontaire et une association de solidarité internationale agréée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. La mission se déroule hors de l’Espace économique européen et de la Suisse, généralement dans un pays en développement, et vise une action de solidarité, de coopération ou de développement durable au bénéfice des populations locales.
Le VSI n’est ni un contrat de travail, ni un stage, ni un volontariat civique. Il relève d’un statut juridique propre : la personne volontaire perçoit une indemnité non assimilée à un salaire, conserve un régime de protection sociale spécifique et exerce sa mission sous la responsabilité de l’association d’envoi. La relation est encadrée par un contrat écrit obligatoire mentionnant la durée, le pays, la nature de la mission et le montant des indemnités.
Conditions d’éligibilité et durée de la mission
L’accès au VSI repose sur des conditions définies par la loi du 23 février 2005 et précisées par les associations agréées :
- Âge : être majeur (18 ans révolus) à la date de signature du contrat, sans limite d’âge supérieure autre que celle fixée par chaque organisme (généralement 65 ans).
- Nationalité : être ressortissant français ou d’un État membre de l’Union européenne, ou résider régulièrement en France.
- Activité antérieure : ne pas exercer simultanément une activité professionnelle rémunérée pendant la durée de la mission.
- Recrutement : être sélectionné par une association agréée VSI, sur la base d’un projet personnel d’engagement et de compétences correspondant à la mission proposée.
- Formation pré-départ : suivre obligatoirement la formation au départ organisée par l’association d’envoi (interculturel, sécurité, sanitaire, technique).
La durée d’une mission VSI est de 1 à 2 ans. Le contrat est renouvelable, dans la limite d’une durée cumulée maximale de 6 ans sur l’ensemble de la vie, conformément à l’article 3 de la loi du 23 février 2005. Le renouvellement n’est pas automatique et nécessite la signature d’un nouveau contrat. Pour les missions courtes (moins d’un an), d’autres dispositifs comme le Service Civique à l’international ou le volontariat associatif sont plus adaptés.
Indemnités et couverture sociale du VSI
Le VSI ne donne pas lieu à un salaire mais à une indemnité de subsistance, complétée par une prise en charge intégrale des frais d’expatriation. La loi fixe un plancher et chaque association détermine le montant exact selon le pays d’affectation et le coût de la vie local.
- Indemnité mensuelle : montant minimum d’environ 100 € par mois, pouvant atteindre 1 000 à 1 500 € selon les pays et les missions.
- Logement et nourriture : entièrement pris en charge par l’association d’envoi sur le terrain.
- Prime d’installation : versée au départ de la mission, d’un montant indicatif autour de 750 € pour couvrir les frais d’équipement et de premier établissement.
- Prime de réinsertion (retour) : versée au retour pour faciliter la transition professionnelle, montant indicatif autour de 750 € (variable selon la durée de mission).
- Couverture sociale : affiliation à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) ou équivalent, prise en charge à 100 % par l’organisme d’envoi : assurance maladie, maternité, invalidité, accidents du travail et rapatriement sanitaire.
- Cotisation retraite : validation des trimestres de retraite de base auprès de l’Assurance retraite, cotisée par l’association.
- Fiscalité : l’indemnité VSI est exonérée d’impôt sur le revenu en France.
Le volontaire bénéficie également de billets d’avion aller-retour, de la formation linguistique et technique pré-départ, ainsi que d’un accompagnement administratif (visa, vaccins, déclarations consulaires) assuré par l’organisme. Au retour, certains organismes proposent un dispositif d’accompagnement à la réinsertion professionnelle.
Les organismes habilités VSI par le MEAE
Seules les associations agréées par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères peuvent recruter des Volontaires de Solidarité Internationale. La candidature se fait directement auprès de ces organismes, par candidature spontanée ou en réponse à un appel publié sur leur site. Le tableau ci-dessous présente six structures historiques du dispositif VSI.
| Organisme | Pays d’intervention | Spécialité | Site web |
|---|---|---|---|
| DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) | Afrique, Amérique latine, Asie, Moyen-Orient | Éducation, santé, développement rural, pastoral | ladcc.org |
| Fidesco | Afrique, Asie, Amérique latine, Europe de l’Est | Coopération chrétienne, projets diocésains et caritatifs | fidesco.fr |
| SCD (Service de Coopération au Développement) | Afrique, Asie, Amérique latine | Développement local, agriculture, santé, formation | scd.asso.fr |
| La Guilde | Afrique francophone, Asie, Amérique latine | Microprojets de développement, jeunesse, sport | la-guilde.org |
| Solidarités International | Zones de crise, post-conflit, urgence humanitaire | Eau, assainissement, sécurité alimentaire | solidarites.org |
| Volontariat Protestant (DEFAP) | Afrique, Pacifique, Océan Indien, Moyen-Orient | Éducation, santé, théologie, coopération protestante | defap.fr |
La liste complète des associations agréées VSI est publiée et mise à jour par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Le processus de sélection comprend généralement un dossier de candidature, un ou plusieurs entretiens, des tests de compétences et une session de formation pré-départ. Les délais entre candidature et départ effectif varient de 3 à 9 mois selon les organismes et les missions.
VSI et V.I.E : quelles différences ?
Le VSI et le Volontariat International en Entreprise (V.I.E) sont deux dispositifs publics distincts. Le V.I.E, géré par Business France, s’adresse aux 18-28 ans pour des missions en entreprise à l’étranger d’une durée de 6 à 24 mois. Le VSI s’adresse à un public plus large (18-65 ans) pour des missions au sein d’associations de solidarité.
- Public : VSI ouvert jusqu’à 65 ans, V.I.E limité à 28 ans à la date de signature.
- Structure d’accueil : VSI = association de solidarité agréée MEAE ; V.I.E = entreprise française ou filiale à l’étranger.
- Nature de la mission : VSI = action de développement, coopération, humanitaire ; V.I.E = mission commerciale, technique ou managériale.
- Indemnité : VSI = indemnité de subsistance (~100 à 1 500 €) + logement/nourriture ; V.I.E = indemnité forfaitaire mensuelle de 1 000 à 4 000 € selon le pays.
- Protection sociale : dans les deux cas, couverture santé et cotisations retraite assurées ; les trimestres sont validés pour la retraite.
- Fiscalité : indemnités exonérées d’impôt sur le revenu en France pour les deux dispositifs.
- Délai de mise en place : le VSI implique souvent une attente plus longue (sélection, formation) que le V.I.E.
L’expérience VSI est reconnue par les recruteurs des secteurs de la solidarité, de la coopération internationale, des ONG, des organisations internationales et du secteur social. Elle constitue un atout pour intégrer ensuite des structures comme l’AFD, l’Union européenne (DEVCO/ECHO), les agences onusiennes (PNUD, UNICEF, HCR) ou les grandes ONG françaises et internationales.
Pour aller plus loin sur les dispositifs et opportunités à l’étranger, consultez les pages offres d’emploi à l’expatriation, emploi expatrié, guides pays et contrat d’expatriation.
Sources officielles : loi n°2005-159 du 23 février 2005 (Légifrance), ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (France Diplomatie), service-public.fr. Montants indemnitaires indicatifs, à vérifier auprès de chaque organisme habilité.

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