Les offres de santé et du social progressent de 3 % alors que le volume diffusé sur HelloWork a reculé de 4,1 % au deuxième trimestre 2026. Pour les candidats, l’écart mérite d’être regardé de près : le marché ralentit, mais tous les métiers ne ralentissent pas au même rythme.
Le mouvement reste large sur le premier semestre, avec un recul de 9 % par rapport au second semestre 2025. Pourtant, la santé et le social gardent une place à part : les offres y augmentent tandis que la concurrence par annonce diminue.
Juin 2026 a limité le recul des offres à 0,8 %
Le recul de juin atteint 0,8 %, après -1,8 % en mars, -1,5 % en avril et -1,9 % en mai. C’est la baisse la moins forte observée depuis octobre 2025, ce qui dessine un ralentissement moins brutal à la fin du trimestre.
Vous ne devez pas y voir un retournement établi. Les indicateurs sont calculés sur douze mois glissants pour réduire les effets saisonniers, et le semestre reste orienté à la baisse.
Le deuxième trimestre fait un peu mieux que le premier : sa baisse est inférieure de 0,8 point à celle enregistrée entre janvier et mars, qui atteignait -4,9 %. Cette amélioration relative ne gomme pas le recul des recrutements, mais elle évite de lire les chiffres de juin comme un simple accident isolé.
Le CDI recule de 13 %, la santé et le social avancent
Le repli touche d’abord les offres en CDI, à -13 %. L’intérim baisse de 6 %, l’alternance de 7 % et les CDD de 4 % : les formes de recrutement étudiées évoluent toutes dans le même sens.
La progression de 3 % dans la santé et le social tranche donc avec le reste. Pour vous qui ciblez ces métiers, cela peut maintenir des portes ouvertes alors que les annonces se raréfient dans beaucoup d’autres domaines.
Il faut tout de même garder les pieds sur terre. Une hausse des offres ne renseigne ni sur les conditions proposées, ni sur la localisation, ni sur l’adéquation entre votre expérience et le poste publié.
Pourquoi le nombre de candidats par offre compte autant ?
Le nombre de candidatures par offre a augmenté de 18 % en un an sur l’ensemble du marché observé. Une annonce attire donc davantage de candidats, ce qui peut rallonger la sélection et réduire la marge d’erreur dans une candidature.
Dans la santé et le social, ce chiffre baisse de 2 %. Vous y faites face à une situation moins encombrée que dans les secteurs où les candidatures s’accumulent, mais cela ne dispense pas de cibler les offres avec soin.
Dans la vente, chaque offre reçoit 56 % de candidatures en plus
La pression est beaucoup plus forte dans certains métiers. Les candidatures par offre progressent de 57 % dans la distribution, de 56 % dans la vente, de 38 % dans les ressources humaines et de 28 % dans le commerce et la comptabilité.
Le BTP affiche aussi une hausse de 9 % des candidatures par offre, malgré une baisse de 17 % des offres sur le premier semestre. Vous pouvez donc rencontrer plus de concurrence même dans un secteur où l’on imagine facilement que les besoins restent visibles.
Cette différence entre volume d’offres et volume de candidatures change la lecture d’un secteur. Dans la santé et le social, la hausse des annonces s’accompagne d’un recul de la concurrence mesurée ; ailleurs, des offres moins nombreuses concentrent davantage de dossiers.
Restauration, BTP et R&D subissent les plus forts reculs
La restauration, le tourisme et l’hôtellerie reculent de 30 % sur le premier semestre 2026. Les bureaux d’études et la recherche-développement perdent 19 %, tandis que le BTP, la construction et les fonctions de technicien ou d’ingénierie industrielle baissent chacun de 17 %.
Les fonctions commerciales reculent de 15 %. Dans l’intérim, le BTP et la construction sont à -7 %, contre -6 % pour la production et la maintenance industrielle.
Ces écarts obligent à éviter les conseils trop généraux. Vous aurez intérêt à regarder votre métier précis avant de conclure que le marché est fermé ou, au contraire, qu’il suffit de répondre à des annonces.
Les régions évoluent-elles toutes au même rythme ?
Non. L’Île-de-France recule de 12 %, devant l’Auvergne-Rhône-Alpes à -8 %, les Pays de la Loire à -7 %, la Bourgogne-Franche-Comté à -6 % et la Bretagne à -5 %.
La géographie ajoute donc une contrainte au choix du secteur. Si vous cherchez dans plusieurs régions, comparer les volumes et la concurrence par offre peut éviter de concentrer toute votre recherche là où les annonces diminuent le plus.
4,6 millions d’offres pour lire un marché moins uniforme qu’il n’y paraît
L’analyse porte sur 4,6 millions d’offres diffusées sur HelloWork entre le 1er janvier et le 30 juin 2026. David Beaurepaire, directeur délégué au développement de la plateforme, s’inscrit dans un constat chiffré : le ralentissement est net, mais il ne frappe pas chaque profession de la même manière.
Pour les candidats de la santé et du social, le signal est favorable sans promettre une embauche. Les annonces progressent et la concurrence baisse ; la suite se joue dans le poste visé, le contrat proposé et la capacité à répondre vite, avec un dossier lisible.
Le marché du premier semestre 2026 ressemble moins à une porte qui se ferme qu’à un couloir devenu étroit, avec quelques passages encore dégagés. La santé et le social en font partie. Vous avez intérêt à les repérer sans confondre une tendance de recrutement avec une garantie individuelle.

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