68 % des conjoints interrogés ont recherché un emploi pendant l’expatriation, d’après le Baromètre Expat Communication 2023. Pourtant, les entreprises concentrent encore leur accompagnement sur le visa, le logement et la santé du salarié envoyé.
Le décalage pèse sur toute la mobilité internationale. Quand la carrière du conjoint reste à l’arrêt, accepter une mission devient plus difficile, même avec un contrat solide et une installation bien préparée.
66 % des expatriés vivent en couple : la mobilité se décide à deux
Le Baromètre Expat Communication publié en décembre 2025 indique que 66 % des expatriés sont en couple et que 55 % ont des enfants. Une entreprise qui prépare le départ d’un seul salarié laisse donc souvent de côté une partie du projet de vie.
Pour une mission envisagée, la question du poste du conjoint doit arriver avant la signature. Elle touche le revenu du foyer, mais aussi la place que chacun trouve une fois installé.
Les liens affectifs peuvent pourtant tenir pendant le départ : 64 % des couples disent les voir se renforcer durant l’expatriation. Ce résultat ne gomme pas le besoin de travail du conjoint. Il rappelle qu’un projet partagé peut rester viable quand chacun conserve une perspective.
Recherche d’emploi : presque un conjoint sur deux reste sans activité
Parmi les conjoints interrogés en 2023, 48 % travaillaient pendant l’expatriation. Les autres avaient interrompu leur carrière ou cherchaient encore un emploi.
Ce chiffre doit être lu sans raccourci. Chercher un poste ne garantit ni une embauche ni une continuité de carrière. Il faut parfois arbitrer entre le calendrier de la mission et celui d’une recherche d’emploi locale.
La situation concerne surtout des femmes : les conjoints suiveurs sont majoritairement féminins, à 92 %. La mobilité d’un salarié peut donc prolonger des écarts professionnels déjà présents dans le couple, au lieu de les réduire.
Une activité sur place protège-t-elle la carrière ?
Chez les conjoints qui travaillaient durant l’expatriation, 45 % estimaient que leur carrière avait progressé. Le départ peut donc ouvrir un parcours professionnel. Cela vaut à condition que le poste trouvé corresponde à un projet et serve à combler une période d’installation.
Mais le même taux, 45 %, déclarait une baisse de rémunération. Un emploi retrouvé ne suffit pas à conclure que l’équilibre financier du foyer est préservé.
85 % des organisations aident déjà, mais souvent hors emploi
85 % des organisations accompagnent les expatriés sur les volets logistiques et administratifs : visa, logement, santé. C’est utile, car ces démarches conditionnent l’installation. Elles ne remplacent pas une stratégie pour la carrière du partenaire.
Le sujet mérite d’entrer dans la discussion avant le départ. Il est possible de demander ce que l’employeur prévoit pour une formation, une reprise d’activité ou la continuité des droits liés à une carrière interrompue.
Alstom, récompensé par le Prix « conjoint-friendly » en décembre 2025, illustre une approche plus large. Implanté dans 63 pays, le groupe compte plus de 600 expatriés répartis dans 49 territoires.
Cette logique traite le conjoint comme une personne avec un parcours, pas comme un simple accompagnant du salarié. Le visa et le logement règlent l’arrivée ; ils ne règlent pas les années qui suivent.
Détachement ou expatriation : le calendrier social peut peser sur le couple
Au sens de la sécurité sociale, l’expatriation n’a pas de durée limitée. Le détachement, lui, reste encadré dans le temps, et cette différence change la manière de préparer une interruption professionnelle ou un retour.
Dans l’Union européenne, l’Espace économique européen et la Suisse, la durée initiale maximale est de 24 mois. Dans les États liés à la France par une convention de sécurité sociale, elle varie de 1 an à 5 ans selon la convention applicable.
Hors mobilités couvertes par l’accord de retrait commencé avant le 01/01/2021, le détachement au Royaume-Uni est aussi limité à 24 mois, sans prolongation possible. Sans accord de sécurité sociale, le détachement au sens de la législation française peut aller jusqu’à 6 ans.
Le conjoint peut-il travailler dans un autre pays de l’Union européenne ?
Dans un autre État de l’Union européenne, un citoyen de l’Union n’a en règle générale pas besoin de permis de travail. Cette facilité administrative ne crée pas un emploi. Mais elle retire un frein qui peut compter dans le choix de la destination.
Le statut du conjoint mérite donc d’être regardé pays par pays, en même temps que le contrat principal. Une mobilité courte et une expatriation sans limite de durée ne demandent pas le même niveau de préparation.
Après une démission pour suivre son conjoint, le retour reste encadré
La démission pour suivre un conjoint, partenaire de PACS ou concubin qui change de résidence pour un nouvel emploi à l’étranger peut être reconnue comme légitime pour l’ARE, sous trois conditions cumulatives. Ce cadre donne une option au moment du départ. Mais il faut vérifier que la situation y correspond.
Le délai normal d’inscription à France Travail est de 12 mois après la fin du contrat. Pour l’accompagnement d’un conjoint à l’étranger, il peut être prolongé de trois années supplémentaires, jusqu’à 4 ans après la démission.
Une entreprise qui veut sécuriser une mission doit préparer plus que la valise, le visa et le logement. La carrière du conjoint se prépare avant le départ, se suit pendant la mission et se reparle au retour. La mobilité tient souvent dans la durée à cette condition.

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