En novembre 2024, le Québec a suspendu les missions des Journées Québec en Europe et en Afrique, alors qu’elles visaient des ingénieurs, informaticiens, infirmières et personnels enseignants. Pour un candidat francophone, la porte la plus visible du recrutement à distance s’est donc refermée.
Mais l’arrêt annoncé au moins jusqu’à l’automne 2025 ne répond pas à une question plus large. Comment rester repérable par un employeur québécois quand les missions ne sont plus le lieu de rencontre ? Nous retenons une réponse prudente : le recrutement peut encore passer par les entreprises et leurs outils, sans promettre un accès automatique à un poste.
Les Journées Québec ont gelé les rencontres en Europe et en Afrique
Ces missions mettaient en relation des employeurs et des candidats hors du Québec. Leur suspension a retiré un cadre concret pour présenter son parcours, échanger avec un recruteur et cibler un métier recherché.
Vous ne devez donc pas attendre le retour d’un salon pour organiser votre recherche. Le gel concernait ce programme de recrutement international ; les faits disponibles ne permettent pas d’affirmer que toutes les possibilités d’embauche ont disparu.
La mesure s’inscrivait après l’annonce d’une intention de mettre sur pause l’immigration permanente. Le gouvernement évoquait alors une réflexion équilibrée sur les seuils d’immigration, avec une planification pluriannuelle et une consultation publique prévues en 2025.
Arrima reste la voie documentée pour être trouvé par une entreprise
Le Portail employeurs permet aux entreprises québécoises de chercher des personnes ayant déposé une déclaration d’intérêt dans Arrima. Ce dispositif est ouvert aux entreprises de toutes les régions du Québec. Son accès est gratuit.
Pour vous, la logique est moins directe qu’une journée de recrutement : vous ne répondez pas à une rencontre organisée à l’étranger. Mais vous pouvez être présent dans un espace où une entreprise effectue sa recherche. Cela ne vaut ni convocation ni promesse d’embauche.
Pourquoi une déclaration d’intérêt mérite-t-elle d’être soignée ?
Parce que l’entreprise ne cherche pas un candidat rencontré sur un stand : elle recherche une personne déjà présente dans Arrima. Votre déclaration devient donc le support par lequel votre profil peut être repéré.
Nous éviterions de traiter cette démarche comme une formalité administrative. Quand les missions sont suspendues, la lisibilité du parcours prend davantage de place. Métier visé, expérience et cohérence du projet doivent permettre à un recruteur de comprendre rapidement ce que vous pouvez apporter.
La nouvelle interface de ce portail avait été annoncée le 5 novembre 2020. Cette date ne dit rien, à elle seule, sur les chances d’être recruté, mais elle rappelle que l’outil employeur ne dépend pas des Journées Québec.
Les infirmières ne peuvent plus compter sur le recrutement africain de 2024
Le Québec a mis fin au recrutement d’infirmières en Afrique en 2024, pour des raisons éthiques. Cette décision compte, car elle réduit encore les raccourcis imaginés par les candidates et candidats du secteur.
Vous pouvez avoir un profil recherché et rencontrer malgré tout une limite liée au mode de recrutement. Dans ce cas, présenter l’arrêt des missions comme un simple contretemps serait trompeur. Le cadre de recrutement lui-même a été redessiné pour certains publics.
Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration portait le dossier des missions et du portail destiné aux entreprises. Les profils techniques, informatiques, soignants et enseignants ne forment donc pas un bloc soumis aux mêmes options.
Depuis février 2025, l’accompagnement emploi est aussi plus étroit
À compter du 1er février 2025, la plupart des travailleurs étrangers temporaires ne sont plus admissibles aux services en emploi proposés par les organismes partenaires du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. La recherche ne s’arrête pas pour autant, mais l’aide disponible après l’arrivée peut être différente de celle que beaucoup imaginent.
Si vous êtes déjà sous statut temporaire, vérifiez votre situation avant de bâtir votre plan autour de ces organismes. Les faits disponibles parlent de la plupart des travailleurs, pas de chaque cas individuel ; il faut donc éviter de tirer une règle générale de son seul contrat.
Faut-il attendre une reprise des missions ?
Nous ne le conseillerions pas comme seule stratégie. L’annonce de 2024 fixait un gel au moins jusqu’à l’automne 2025. Mais elle ne permet pas d’affirmer, en juillet 2026, que le programme a repris ou qu’il reste suspendu.
Le choix le plus solide consiste à séparer deux sujets : suivre l’évolution des missions, puis utiliser les voies qui restent documentées. Elles comprennent la déclaration d’intérêt consultable par les employeurs. Cela évite de suspendre tout un projet à un calendrier inconnu.
Le Québec n’a pas fermé toute perspective d’emploi ; il a retiré un dispositif de mise en relation qui comptait pour beaucoup de candidats. Si votre projet repose sur une mission internationale, reconstruisez-le autour d’un employeur capable de vous repérer dans Arrima. Puis gardez les annonces publiques à leur juste place : un signal, pas un plan de carrière.

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